Trafic d’enfants : ils échanges leurs enfants adoptés sur Internet

Trafic d'enfants par des agences d'adoptions

Dans des groupes sur des sites comme Facebook ou Yahoo!, des couples qui ont adopté des enfants étrangers, proposent à d’autres couples d’adopter illégalement leur enfant. Un marché parallèle qui inquiète, d’autant que certains des adoptants sont parfois violents ou pédophiles.

 

 

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Un reportage réalisé par une journaliste de Reuters révèle l’existence de réseaux illégaux permettant aux parents d’enfants adoptés d’échanger leur progéniture s’ils n’en sont pas satisfaits.

 

Satisfait ou échangé n’est une mention qui n’existe évidemment pas sur les contrats d’adoption. Aux Etats Unis, les parents dont l’enfant ne leur conviendrait finalement pas ont donc trouvé la parade pour se débarrasser de la progéniture acquise : l’échange sur Internet, via un simple acte notarial. Comme on échangerait son appartement ou sa maison pour des vacances, les parents peuvent ainsi de laisser l’enfant aux soins d’une autre famille ou bien de l’échanger avec un autre, définitivement, ou non, car la seconde famille peut également décider de s’en débarrasser à son tour !

La pratique, appelée « private rehoming » (changement de foyer entre particuliers) est calquée sur l’échange d’animaux, très courant dans le pays. Bien sûr illégale, elle a pourtant déjà rencontré un certain succès. En 5 ans, la journaliste a ainsi recensé plus de 5 000 annonces, sur un groupe uniquement. Environ une annonce était postée chaque semaine.

 

Ses « bourses aux enfants » insolites ont vu le jour sur Yahoo ! et Facebook. Si Yahoo ! a immédiatement fermé le groupe créé sur sa plateforme, le réseau social de Mark Zuckerberg n’en a pas fait autant. "Internet est un reflet de la société et les gens l’utilisent pour toutes sortes de communications, et régler tous types de problèmes, dont des soucis très compliqués comme celui-ci," a expliqué son porte-parole.

Des conséquences terribles

 

Outre la monstruosité du principe, ce trafic sans contrôle et inconnu de la plupart des autorités fédérales, engendre des conséquences psychologiques, voire physiques, graves pour les enfants. Dans son reportage, la journaliste de Reuters évoque le cas d’une jeune Libérienne de 16 ans que la famille d’adoption d’origine a préféré « confier » à une seconde famille, connue des services sociaux pour violence et abus sexuels, qui avait perdu la garde de ses propres enfants biologiques. Dès sa première nuit dans sa nouvelle famille, la jeune fille a été invitée à dormir nue dans le lit conjugal. Une autre jeune fille, d’origine russe, raconte qu’elle a été échangée trois fois en 6 mois et qu’elle a subit différents sévices dans chacune de ses familles d’adoption. Et ce ne sont que des exemples.

 

Certains parents ne cherchent pas à maquiller les motivations derrière leur annonce. "J’ai honte de le dire mais nous détestons vraiment cet enfant", avoue une femme ayant adopté un petit Guatémaltèque de 11 ans. Pour la plupart d’origines étrangères, les enfants « indésirables » étaient âgés surtout âgés de 6 à 14 ans mais une annonce concernant un bébé de 10 mois.

 

Reuters publiait une enquête terrible sur ces Américains qui utilisent internet pour se débarrasser des enfants adoptés dont ils ne veulent plus. L’agence de presse consacrait alors tout un dossier aux « dessous du marché américain de l’adoption. » Et l’enquête sur ces familles sans scrupules qui, comme on jette un objet dont on s’est lassé, abandonnent leurs enfants adoptés débute par l’histoire de Quita, une jeune Libérienne qui, en 2008, s’est avérée « trop difficile à gérer. » Après avoir posté une annonce sur internet, Quita a été "vendue" à un couple d’inconnus. Un couple qui s’est avéré avoir des « problèmes psychiatriques » et « des penchants violents. » Pire, un couple pédophile.

 

Des enfants de 10 mois à 14 ans proposés sur internet

L’abandon de Quita n’est pas un cas unique. Et pour cause, Reuters explique qu’entre 2007 et 2012, « une annonce par semaine » a été trouvée, proposant des enfants adoptés devenus ingérables. Un véritable marché parallèle, qui a envahi tous les sites, de Facebook à Yahoo!, par exemple. Sur ce dernier site, 261 enfants adoptés, âgés de 10 mois à 14 ans, ont notamment été mis "en vente" lors de ces cinq dernières années. Et à l’origine de ces petites annonces pas comme les autres, des parents impuissants face au comportement violent de leurs enfants, qui deviennent alors des escrocs spécialisés dans le trafic d’humains.

 

Une Russe de 13 ans violée et humiliée

Et les parents qui n’arrivent pas à adopter légalement sont tout heureux de voir fleurir ce marché parallèle de l’adoption, qui propose des enfants russes, chinois, éthiopiens ou encore ukrainiens. Mais derrière ces couples en mal d’enfants se cachent parfois des personnes malintentionnées. Ce fut le cas pour cette jeune Russe de 13 ans qui, vendue à un couple d’inconnus, raconte s’être fait uriner dessus par un homme qui l’avait forcée à avoir des rapports sexuels. Quita, elle, a été recueillie par une femme, Nicole Eason, indignée par ce marché de l’adoption illégale. Cette femme, qui a recueilli six enfants depuis 7 ans, dénonce cette situation. Car, les parents qui proposent leurs enfants sur internet le font en toute impunité, étant rarement condamnés par les autorités américaines.

 

 

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